Bonne nouvelle pour les acheteurs comme pour les vendeurs : le marché immobilier français semble enfin sortir la tête de l’eau. Les taux continuent de bouger, les ventes repartent timidement et les prix se stabilisent. Rien de révolutionnaire pour l’instant, mais assez pour redonner un peu d’air à un secteur qui en avait besoin.
Des taux de crédit qui grimpent tout doucement
Les taux d’emprunt poursuivent leur légère hausse. Selon Pretto, (site internet de courtier en ligne spécialisé dans le crédit immobilier) les taux moyens atteignent 3,27 % sur 15 ans, 3,40 % sur 20 ans et 3,47 % sur 25 ans. La hausse reste limitée – entre +0,02 et +0,09 point selon la durée – mais elle confirme une tendance stable depuis plusieurs mois.
Du côté du Crédit Logement/CSA, qui observe les crédits réellement signés, la moyenne tourne autour de 3,20 %. Les conditions varient toujours selon la région : Île-de-France et Bourgogne-Franche-Comté profitent encore des taux les plus compétitifs, tandis que la Nouvelle-Aquitaine reste proche de 3,45 % sur 25 ans.
De plus en plus d’emprunteurs testent le “dézonage bancaire” (emprunter auprès d’une banque d’une autre région) afin de jouer sur la concurrence et d’obtenir un meilleur taux.
Marché de l’ancien : ça bouge, mais sans s’emballer
Après deux années compliquées, les ventes de logements anciens repartent à la hausse : 945 000 transactions ont été enregistrées en 2025, soit +12 % par rapport à 2024. Le chiffre reste toutefois inférieur de 25 % à celui de 2021, époque où les ventes battaient tous les records.
En clair, la machine redémarre, mais à vitesse mesurée. Les professionnels y voient un signe encourageant, sans crier encore à la reprise franche.
Côté prix : une stabilité qui cache une baisse réelle
Les chiffres restent sages. Sur un an, les prix n’ont quasiment pas bougé : +0,7 % au troisième trimestre 2025, une évolution inférieure à l’inflation. Autrement dit, les biens perdent un peu de valeur “en euros constants”.
Les appartements anciens tirent légèrement leur épingle du jeu avec +1,3 %, quand les maisons progressent à peine (+0,2 %) et continuent de reculer en Île-de-France (–1,3 %).
L’investissement locatif cherche un second souffle
Pour beaucoup de ménages, difficile de bouger : ceux qui ont emprunté avant 2022 à moins de 1,5 % préfèrent garder leur crédit avantageux plutôt que de revendre. Résultat : la mobilité résidentielle reste bloquée.
Les investisseurs particuliers se font aussi plus rares : 11 % des Français possédaient un bien locatif en 2025 contre 13 % en 2022. Beaucoup envisagent même de se désengager du marché, faute de rentabilité suffisante.
En parallèle, les plafonds 2026 des dispositifs fiscaux – Pinel, Duflot ou Denormandie – viennent d’être révisés. Ces programmes offrent des réductions d’impôt aux propriétaires qui louent à des loyers plafonnés, selon la zone et les revenus du locataire. Leur mise à jour annuelle redéfinit les montants maximums pour 2026.